Lutte contre le SIDA, un faux traitement sur le marché

Alors que se célébrait hier, 1er décembre,  la Journée Internationale de lutte contre le VIH-SIDA, au même moment en Afrique, et précisément en République Démocratique du Congo, l’Institut pour le Développement et le Soutien à la Recherche Scientifique Innovante, IIDSRSI, un institut français basé à Nice, annonçait par la voix de son président-fondateur, Michel Paul Correa, le lancement et la commercialisation du traitement anti-VIH, l’IMMUNOREX-DM28. Un remède miracle, qui semble n’être que le labeur d’un trafic et un danger potentiel pour les malades.

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Un médicament douteux

C’est en marge du Congrès se tenant à Kinshasa au Congo Démocratique, le 30 novembre et le 1er décembre, que l’annonce de la commercialisation de L’IMMUNOREX-DM28 à partir de 2017 a été faite. Composé de DHEA, une hormone de jouvence, qui comme une injection d’acide hyaluronique a des propriétés antivieillissement, l’IMMUNOREX-DM28 est censé guérir définitivement le SIDA.

L’Immunorex est l’œuvre du Pr Donatien Mavoungou, un biologiste gabonais, directeur du Centre de Recherche des Pathologies Hormonales de Libreville. En réalité, l’efficacité de ce médicament dans le traitement du VIH-SIDA reste fortement douteuse, dans la mesure où aucune preuve formelle n’a été donnée à ce sujet, malgré l’annonce de sa mise sur le marché. Aucun essai clinique avéré pour conforter l’hypothèse de la crédibilité de l’Immunorex.

D’ailleurs, selon Franck Idiata qui est le commissaire général du Centre National de la Recherche Scientifique (CENAREST) du Gabon, l’IM28, nom commercial de L’IMMUNOREX-DM28, avait été retiré du marché pharmacologique gabonais, après une expertise dont le résultat n’attestait pas son efficacité thérapeutique. « en 2010 et 2011 (nous) avons conclu que l’IM28 de Donatien Mavoungou n’était pas un médicament contre le VIH/SIDA et qu’il ne pouvait être vendu. Nous avons présenté toute l’argumentation au Conseil scientifique national, qui avait fort heureusement décidé du retrait de ce produit alors vendu, de façon aussi incroyable qu’invraisemblable, dans une pharmacie de Libreville ». Mais comment se fait-il donc qu’il soit aujourd’hui en voie d’être sur le marché congolais ?

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Manœuvres, complicité et trafic

Un réseau a été activé pour faire avaler cette « pilule amère » à près de 600.000 patients séropositifs au Congo démocratique et ailleurs sur le continent africain. Le Pr Mavoungou n’a pas réussi seul cette manœuvre aussi honteuse que criminelle. Et pour l’aider, des personnalités aussi crédibles, réputées que respectées ont volé à son secours. Il lui fallait des cerveaux pour mener à bien cette opération, et dans le tas, quelques éminences grises…

Outre le président Michel Paul Correa de cet institut de recherche français, l’ IIDSRSI, des personnalités scientifiques comme le Pr Jean-Claude Chermann, co-découvreur du virus du SIDA en 1983, ancien chercheur de l’Institut Pasteur, qui pilote aujourd’hui le comité scientifique de l’IIDSRSI, Mark Wainberg, professeur au Canada, à l’Université Mc Gill et expert en trithérapie, Théodore Cohen, autre éminent professeur à Harvard, qui lui est épidémiologiste, semblent tous associés à cette vaste opération de charlatanisme et de séduction médicale.   

Même si Théodore Cohen avoue aujourd’hui s’être fait prendre dans la nasse des « recherches complètement  vides », reste-t-il toujours que fondé sur leur intuition plutôt que sur des preuves formelles, ces personnes ont affirmé à un moment que L’IM28 outre le VIH-SIDA, « a aussi donné d’excellents résultats sur diverses maladies opportunistes, telles que : la Tuberculose, l’Hypertension artérielle, le Diabète, la Démence mais également dans le cas de l’épidémie Ebola et du Paludisme ». Une recette miracle au sens propre du terme, mais véritable poudre de perlimpinpin.  

 

 

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