La santé en France, un système à deux vitesses

L’exemple de Nathalie, atteinte d’un cancer du sein, représente à elle seule l’inégalité face aux soins. Cette jeune bretonne de 28 ans a été dépistée  au centre hospitalier universitaire de Vannes. Elle devait se faire opérer dans quelques semaines mais par précaution ou par manque de confiance, elle a préféré se faire un deuxième avis auprès d’un ami de son père, une sommité médicale à Paris. Le diagnostic du médecin est sans appel et tombe comme un couperet : il faut opérer dans la semaine pour pallier au développement très rapide de la tumeur. Dans son malheur, Nathalie a pu compter sur ses relations et bénéficier d’une intervention rapide pour anticiper l’attente prévue préalablement dans le CHU de sa région et qui aurait pu lui être fatale.

Des inégalités régionales

La santé est donc un domaine où les inégalités sont flagrantes face à une question d’argent mais aussi de connaissances. Plus votre carnet d’adresses comptera de blouses blanches, meilleure sera votre santé. Si le simple médecin de famille suffit amplement dans une écrasante majorité de cas, la présence de relations médicales est parfois nécessaire pour avoir dans un premier temps un simple avis médical et dans un deuxième temps pouvoir bénéficier, par exemple, du doigté d’un chirurgien reconnu ou du diagnostic d’une sommité en Neurologie.

Réputée pour l’excellence de ses soins, la France fait face à un système inégalitaire et à deux vitesses dans bien des domaines. Une grande concentration des meilleurs praticiens se situe dans à Paris au détriment de la province.  Il est par exemple impossible de trouver dans la capitale un spécialiste ne dépassant pas les honoraires classiques fixé par la Sécurité Sociale que l’on pourrait trouver dans n’importe quelle ville de l’hexagone. Les dépassements d’honoraires sont monnaies courantes pour la quasi-totalité des chirurgiens dans le privé et ce depuis de nombreuses années.

Médecin à l’hôpital est un peu dans le privé

Si nous sommes heureusement encore pris en charge quelle que soit notre condition sociale à notre arrivé aux urgences, l’hôpital public n’échappe pas au système des inégalités face aux soins. L’Etat l’a parfaitement compris et, de peur de perdre ses meilleurs éléments face aux sirènes du privé, à concéder aux praticiens du public la possibilité d’exercer un quart de leur temps dans le privé.

Cette ambiguïté aboutit à un système à deux vitesses néfaste et injuste puisque le même chirurgien que vous allez consulter à l’Hôpital ne pourra vous opérer qu’après des semaines voir des mois d’attente.  Il vous proposera alors de vous opérer dans la semaine dans une clinique privée sans bien sur aucun remboursement et avec des dépassements exorbitants. Comme le disent, dépités, certains directeurs régionaux au ministère de la santé : «  Seule la chirurgie esthétique conserve un semblant d’égalité, hormis les 3 ou 4 sommités mondiales que l’on trouve à Paris, une aspiration des tissus adipeux en Gironde ou à Lens sera la même pour tous et au même prix ! »